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Un texte de la période mérovingienne évoque déjà le nom de « Laron »(1). La « chapelle de
Laron » est citée dans un des diplômes de Charlemagne (811) et Charles-le-Simple (905) comme appartenant au monastère de Saint-Denis, ainsi que le bourg de Peyrat et son église, d’une
part, et le château de Peyrat et son église, d’autre part. On connaît aujourd’hui davantage le Mont-Larron qui est la plus haute « montagne » de la contrée (624 m) que le village de
Laron situé sur une autre colline opposée dont le point culminant n’atteint que 574 m d’altitude.
vue sur le Mont Larron
Pourtant, c’est sur cette plus petite « montagne » qu’il faut rechercher les traces d’une forteresse disparue, siège d’une des plus importantes familles du Limousin implantées ici dés l'époque carolingienne. Le site du Bois de Larron ( c’est le nom qui subsistait encore au XIXème siècle) domine les gorges de la Maulde, une rivière équipée aujourd’hui à hauteur du bourg de Saint-Julien-le-Petit (Haute-Vienne) d’un barrage hydroélectrique. Près du sommet de cette colline existe une fontaine où la population des environs effectuait un pèlerinage ( le véritable nom était Sainte-Chabrière et fut corrigé par erreur, semble-t-il, en Sainte-Geneviève).
Venant de Saint-Julien-le-Petit, on franchit la rivière au « Moulin de Larron » puis on grimpe la
colline jusqu'à atteindre, à gauche de la route , un transformateur électrique. C'est juste à l'arrière de cette
installation que surgit dans
la forêt une remarquable motte féodale, véritable promontoire qui surplombe le barrage sur la Maulde : l'endroit était connu encore au XIXème siècle sous le nom de « butte de
Rochein » ou « château de Rochein » ainsi que le prouve le relevé cadastral de 1835 (Saint-Julien-le-Petit, section dite « d’Artigeas », E1). Des vestiges d’une
tour ronde, de nombreuses pierres
éparpillées, des restes de murs
recouverts par la mousse, et aussi, côté sud, l'entrée d'un souterrain, captent l'attention. Ce château était idéalement placé, par sa position dominante sur la vallée de la Vienne et la campagne d’Eymoutiers. Il
contrôlait également la Maulde. Le nom de château Rochein n'a jamais été vraiment élucidé. Pour Louis Guibert, qui reste pratiquement l'un des seuls historiens à s'être intéressé à ce site, le
toponyme « Rochein » pourrait dériver tout simplement de « Rocher ». A moins qu'il ne fasse référence à la dynastie des seigneurs de Laron où le prénom « Roger »
était récurrent.
La date de destruction de la forteresse n'est pas établie, comme par exemple celle de Courbefy. Des témoignages de riverains du site ont été
recueillis au XIXème siècle, révélant des vestiges plus abondants qu'aujourd'hui. La plupart des pierres de construction ont été réemployées, sans doute pour des édifices de la région. En
prospectant dans une ferme voisine du site de Rochein, j'ai découvert quelques vieilles maisons avec des linteaux remarquables. Un habitant des
lieux, installé depuis une douzaine d'années dans la région, connaissait l'emplacement du château disparu et nous l'a aimablement signalé.
La légende selon laquelle le château de Laron aurait été pris par les Anglais , grâce à la complicité d'une
servante, et détruit par eux au cours de la Guerre de Cent Ans,a circulé mais les sources écrites font défaut. Vers le milieu du XIIème siècle une notice du Cartulaire d'Aureil ( non précisément
datée) parle de la "guerre de Laron": "Quidam miles de Larunt, nomine Willelmus de Gemeu" (cartulaire d'Aureil, fol.2).
d'autres articles à suivre sur ce blog concernant les seigneurs de Larron et les implantations féodales et religieuses des environs
(1) Louis Guibert : Laron, topographie, archéologie, histoire, Limoges, 1893
cadastre de Saint-Julien-le-Petit, section E1, dite "d'Artigeas", 1835
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