Mars: la taille de la vigne

Publié le par Christian Bélingard

mars-rustican

Une région comme le Limousin était au Moyen-Age très concernée par le travail de la vigne. L'abbaye cistercienne d'Obazine- aujourd'hui dans le département de la Corrèze- possède de nombreuses granges où la production viticole est attestée: Obazine, Albussac, Saint-Palavy, Nougein, Veyrières. La toponymie a également conservé des noms comme Vignols, toujours en Corrèze, attesté en 926 sous la forme Vinogilo. Le cartulaire de Solignac, par exemple, mentionne la route de la "vinade", corvée qui était imposée tous les ans soit en Périgord, soit dans le vignoble correspondant à la Basse-Corrèze actuelle.

Le mois de mars est par excellence  le mois où l'on taille la vigne. Un traité d'agriculture médiévale comme le Rustican (1), dont nous parlons ici régulièrement, mentionne cette activité. Les  enluminures montrent de quelle manière les paysans procédaient: ils se servaient d’une serpe assez semblable à celle qu'utilisent les feuillardiers limousins pour tailler le bois, l'outil se présentant avec une lame assez large. Le paysan, penché en avant, saisit de sa main gauche le sarment au-dessus de la serpe, qu’il tient de sa main droite. Au second plan, un autre paysan répète le même geste, mais agenouillé pour pouvoir tailler des branches plus basses.

(1)Un traité d’agriculture, recopié au XVème siècle, mais datant du XIIIème siècle, a été publié sous le titre « Calendrier des travaux agricoles du Rustican ». Son auteur, Pietro de Crescenzi, né à Bologne aux environs de 1233, a  fait des études de droit. Entre 1269 et 1299, il exerça la profession de juge-conseiller auprès de différentes municipalités de l’Italie du Nord. Puis il se retira près de Bologne dans son domaine, la Villa dell’Olmo, où il rédigea autour de 1305, sans doute en latin, un Traité d’agriculture (Ruralium commodorum opus), dont on ne possède qu’une copie.

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