
Le Limousin est situé au nord-ouest du Massif central. Il réunit
administrativement deux anciennes provinces : la
Marche (au Nord) et du Limousin (au Sud). Il comprend les départements de la Corrèze (Tulle) au Sud, la Haute-Vienne (Limoges) au Nord-Ouest, la Creuse (Guéret) au Nord-Est.
Les premiers hommes qui s’installèrent sur le territoire de cette région ont laissé des traces à l’époque du paléolithique en différents lieux comme Grammont,
Puymège, Ressaulier, Bassaler, près de Brive. Il faut mentionner ici l’extraordinaire découverte réalisée le 3 août 1908 par les abbés Amédée et Jean Bouyssonie qui exhumèrent d’une grotte les
restes d’un homme des premiers âges, du type néanderthal. Ce squelette dit de La Chapelle-aux-Saints ( lieu de la découverte) est donc celui du plus ancien « limousin » identifié à ce
jour !
La Province de la Marche fut formée au Xème siècle aux dépens du Limousin et du Poitou, sa frontière Sud passant juste au Nord de Limoges. Elle devint
Comté frontière du Limousin, et correspondait au département actuel de la Creuse, de la moitié Nord de la Haute-Vienne (région de Bellac), ainsi
que de quelques cantons de la Vienne et de la Charente. Charroux devint sa première capitale. Le Comté
comprenait la Haute et la Basse Marche. Les Marches étaient des Provinces frontières, chargées de défendre l'intérieur des possessions
royales.
Pays pauvre, malgré les manufactures de tapisseries et de draps grossiers, la Marche souffrit longtemps de la turbulence de sa noblesse, qui fut souvent réprimée par la royauté. La
Haute-Marche, dont Guéret devint la capitale au Xème siècle au dépend de Charroux, dépendait de la
Généralité de Moulins, et comportait deux enclaves : La Souterraine, dévolue au Limousin, et Bourganeuf, dévolue au Poitou. Elle s'agrandit au XIIIème siècle de la Vicomté d'Aubusson. La
frontière entre le parler d'oïl (Français, Normand, Picard, Orléanais, Bourbonnais, Champenois, Lorrain, Poitevin, etc.) et le parler d'oc (Limousin, Auvergnat, Gascon, Languedocien, Provençal,
Catalan, etc.) se situait au nord de Guéret ; le droit coutumier et le droit écrit se chevauchaient plus ou moins. La Basse-Marche, dont Bellac fut la capitale avant d'être supplantée par
Le Dorat au XVIIIème siècle (laquelle était le chef-lieu de la sénéchaussée depuis 1572), était partagée entre les Généralités de Limoges et de Bourges.
La Marche et le Limousin faisaient partie des "pays redîmés" qui avaient versé une somme forfaitaire unique lors de l'introduction en 1340 de la Gabelle, impôt sur le sel, dont ils se trouvaient en fait exonérés.
Le Comté du Limousin, relevant d'Aliénor d'Aquitaine, entra dans le Royaume anglo-angevin en 1152
avec l'Aquitaine, mais fut occupé par les troupes françaises de 1204 à 1259, puis de 1286 à 1360. En 1360 le Limousin fut rendu à l'Angleterre
pour être aussitôt reconquis dès 1374. Il fut, durant cette période de la Guerre de Cent ans, pillé
régulièrement par les Anglais. Sa position, disputée par les deux royaumes, aboutit à une certaine indépendance de fait de la Province.
Elle devint une Généralité, ayant Limoges comme chef-lieu. Les habitants parlaient le Limousin, dialecte roman provençal parlé jusqu'à
l'Auvergne (langue d'oc), les troubadours au XIIIème siècle lui donnant ses lettres de noblesse. Il évolua ensuite en Haut et Bas Limousin.
La Vicomté de Limoges fut intégrée au royaume en 1607. Seules la Vicomté de Turenne et la Seigneurie de Ventadour conservèrent leurs privilèges jusqu'au XVIIIème siècle. C'est au XVIIIème siècle que fut découverte au Sud de Limoges l'argile servant à fabriquer la porcelaine, qui fit la prospérité de la ville. En 1791 le Sud de la Province devint le département de la Corrèze, et le Nord-ouest celui de la Haute-Vienne, agrandi de la Basse Marche.
